Notules sur la primaire

Hier, c’était la primaire de la droite et du centre(tm). Et j’avais envie de faire part de plusieurs réflexions pas (ou assez peu) politisées sur le sujet.

Etonnant! Des gens paient pour voter blanc!

Que des gens votent blanc (ou nul) dans le cadre d’une élection normale, je trouve ça parfaitement normal (il m’est arrivé de le faire à mon tour, et je milite pour la reconnaissance de ces bulletins dans les suffrages exprimés – en particulier pour les premiers tours où l’on maintient tous les candidats au dessus d’une certaine barre). Mais qu’on le fasse pour une pseudo-élection à laquelle aucun devoir ne nous pousse (et qui plus est pour laquelle il faut payer), ça me dépasse (et horrifie mon chromosome auvergnat).

De la même façon, cette votante expliquant au journal télévisé qu’il est « important d’effectuer son devoir d’électeur » m’a fortement surpris. Soit on lui a mal expliqué, soit elle n’a rien compris au concept. Pour sa défense, le battage médiatique auquel nous avons été soumis ces dernières semaines sur le sujet pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’un vrai scrutin officiel et tout…

Encore une fois, les sondages se sont foutus dedans

Et sans vouloir paraitre désobligeant, il va vraiment falloir qu’ils remettent en question leur méthode de travail, parce que ça commence à être au point que la météo à une semaine est plus fiable qu’eux.

Et autant pour le Brexit ou pour Trump (ou les intentions de vote FN aux diverses élections), on pouvait imaginer (et ça a été évoqué) que les électeurs avaient « honte » (ou peur d’être montrés du doigt) de leur vote, autant là, le candidat arrivé en tête n’avait rien d’un épouvantail rétrograde et fâchiste 1.

Bref, il y a intérêt pour eux à redresser la barre très vite sous peine de se voir rire au nez à la prochaine estimation…

La « gauche morale » a son nouveau Petit Satan

Jusqu’ici, le Petit Satan, c’était Nicolas S., qui, il faut le dire, en faisait des tartines pour justifier de son rôle d’épouvantail de la gauche à grands renforts de double ration de frites et de ses ancêtres les gaulois. Sarko out (et Juppé plutôt mal en point dans les sondages), c’est donc François Fillon qui est affublé du costume, que les éditorialistes les plus fameux du Camp Du Progrès(tm) se sont empressés de lui tailler. De ses positions du début des années 80 au soutien de Sens Commun, tout est prétexte à montrer à quel point celui qui n’était hier encore qu’un gentil concurrent peu dangereux est en fait un Méchant de grande ampleur, d’autant plus grande qu’il a avancé masqué jusqu’ici.

Bref, une fois de plus, à défaut de proposer de vraies idées et un vrai programme sur les vraies questions économiques et sociales, les pontes du Camp Du Bien(tm) se vautrent encore dans l’anathème le plus outrancier, qui serait drôle s’il ne devenait pas franchement ridicule à force de redite. M’enfin c’est vrai que c’est plus facile que de réfléchir vraiment à changer le monde…

Maintenant, attendons de voir ce que va donner le projet de primaire socialiste (qui, comme le faisait remarquer @OBrother_op, va en chier des bulles parce qu’il sera scruté à l’aune de celui de la droite – qui est, objectivement, une réussite jusqu’ici), et le (ou les) candidat(s) qui va en ressortir (ou pas d’ailleurs). Avec un gros seau de pop-corn 2.

Notes:

  1. jusqu’ici, j’y reviendrai
  2. je pense d’ailleurs piller un supermarché en prévision de 2017, fidèle que je suis à cette maxime de Beaumarchais: « Je me dépêche de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer »

3 pensées sur “Notules sur la primaire”

  1. Personnellement je trouve ces plantades récurrentes des sondages très intéressantes (d’un point de vue scientifique mais des sciences sociales), je suis persuadée que le matraque de sondage auquel nous sommes soumis influence partiellement les résultats des votes, pas forcément dans le choix des gens (encore que) mais possiblement sur leur motivation à aller voter ou pas.

  2. Oui, finalement, les sondages actuels sont comme une mesure quantique : dès qu’ils mesurent, ils modifient l’objet de leur mesure (enfin, je crois que c’est ça le principe ? Je ne suis qu’une pauvre littéraire, désolée si je suis à côté de la plaque). Dès lors, ne serait-ce pas un moyen de contrôler les votes, si quelqu’un décidait de s’en emparer et de le faire de façon réfléchie ? J’y vois un danger, mais c’est peut-être mon côté paranoïaque.

    1. Toute mesure modifie son objet. C’est juste que pour les objets quantiques, cette modification n’est pas négligeable 😉
      C’est peut-être vrai dans une certaine mesure (je pense aux régionales, où le spectre du vote FN a certainement incité une partie des gens à se rendre aux urnes), mais là, je pense que le problème est plus dans l’instrument de mesure, la méthode, ou whatever, que dans l’influence du sondage sur le corps électoral…
      Pour le brexit ou Trump, le une explication simpl(ist)e était que l’opinion Brexit/Trump était « politiquement incorrecte » (ce qui pousse une partie des sondés à mentir). Pour Fillon, ça ne tient pas, et c’est ça qui est un peu inquiétant à mon sens…

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