Adieu Madmoizelle

Avertissement: ce billet n’a rien à voir avec l’essai de la nouvelle jeune pousse de la presse de droite sur le féminisme. Encore que…Normalement, si vous avez moins de 35 ans et que vous avez un minimum trainé sur les réseaux sociaux, vous avez certainement entendu parler du site Madmoizelle. Ce site web, au ton « jeune » et « libéré » servait souvent de référence sur tout un tas de sujets (sexualité, style de vie, féminisme) à un public plutôt jeune, plutôt féminin et plutôt « concerné » par le féminisme et les questions LGBT.

Servait. Car depuis quelque jours, le site est sous les feux de la critique. Conditions de travail et de rémunération des rédactrices, attitude du fondateur et « patron » du site, pressions et coups vaches, il apparait que tout n’était pas rose derrière le site (une situation qui me rappelle pas mal celle de sites « pour joueurs » où le même genre de pratiques avaient lieu). Autant dire que voir un site « féministe » ou affiché tel reproduire les schémas du patriarcat honni (direction masculine, ambiance délétère, pression sur les subordonnées, sans parler du sexisme de certaines remarques, telles que rapportée dans les témoignages) a de quoi faire ricaner le cynique, et franchement grincer des dents à ceux et celles qui croyaient au bien-fondé du site.

Sauf que cette découverte est concomitante avec une autre critique, sur le contenu cette fois. Depuis plusieurs jours, plusieurs articles du site étaient épinglés comme « transphobes » 1, ce qui n’a pas manqué de me mettre la puce à l’oreille. Et ce n’est pas la réflexion d’une connaissance sur Twitter « Mais on le sait depuis longtemps que c’est un mec qui dirige Madz » qui m’aura fait abandonner mon idée.

Sans nier la situation (et pour avoir un peu grenouillé dans en marge du web éditorial, je suis pense que la situation décrite par les victimes est parfaitement plausible – voire qu’on ne sait pas tout 2), je trouve un peu gros que tout ceci éclate au grand jour juste au moment où le site cesse de correspondre à la « doxa » (on voit d’ailleurs de plus en plus de critiques disant que le site « n’a jamais vraiment été féministe », était « libéral »), bref, il règne autour de cette histoire une bonne odeur de procès stalinien (ou de Terreur, selon votre période de pureté idéologique préférée).

Tant qu’il était du côté du Bien(tm), le site était intouchable et pouvait se permettre les pires vilenies par derrière, mais maintenant qu’il a été pointé comme déviant, plus rien ne lui est passé.

Note de fin: il n’est pas exclu que je me fasse un film complet et que les deux faits n’aient aucun lien. Dans ce cas, prenez mes élucubrations pour un sujet d’uchronie…

Notes:

  1. pour les deux du fond qui ne sont pas à jour dans leurs phobies, il s’agit de stigmatiser/se moquer/exploiter les personnes transsexuelles
  2. je me souviens du scandale des vidéo-blogueurs vs jeuxvideo.com