Devil inside : bibliographie partiale et partielle traitant de la présence diabolique 

Le diable (aka Satan, Lucifer, Méphistophélès et autres avanies) a une place, sinon prépondérante, au moins importante dans la littérature populaire (ou sa reprise par les grands auteurs, coucou Goethe).

Dans n’importe quel recueil de contes populaires, spécialement dans les pays où le caillou pousse mieux que la patate comme l’Auvergne, le Morvan et autres régions de moyenne montagne enclavées, les récits font souvent appel à ça personnage retors, tentateur et proposant monts et merveilles aux héros: terres pour le paysan pauvre, infrastructure routière pour le village isolé ou plus prosaïquement gloire et fortune, avec contrepartie (généralement une âme, mais pas toujours). Et le fait est que dans la quasi-totalité des cas, le héros réussit à arnaquer le diable, qui ne connaît définitivement pas les small prints de ses propres contrats. N’importe quel recueil de ce genre d’histoires peut convenir, mais l’auvergnat que je suis ne peut pas vous faire passer à côté des Contes d’Henri Pourrat.

Une des rares exceptions à la règle, ce sont les Trois Messes Basses d’Alphonse Daudet où le diable, sous les traits du servant d’autel Garrigou, réussit à saboter les messes de Noël du vieil archiprêtre, lui imposant ainsi réparation pendant un siècle 1. Le diable fait également une petite apparition dans son Curé de Cucugnan, où il fait visiter au bon curé son enfer peuplé de cucugnanais.

Conte toujours, mais bien plus récent, le Gentil Petit Diable, une des Histoires de la Rue Broca de Pierre Gripari, où l’on trouve un diable fort peu démoniaque, puisqu’il veut être gentil, au grand dam de ses parents, qui auraient voulu le voir supplicier les damnés avec conviction, dans la grande tradition familiale. Spoiler: à la fin, le gentil petit diable arrive au paradis.

Dans un genre un peu plus sérieux (mais à peine), les 36 Preuves de l’Existence du Diable d’André Frossart, où Satan, installé à Genève, explique par le menu dans 36 lettres comment il tire les ficelles du monde. C’est de ce bouquin que je tire cette citation que j’aime beaucoup: « le gros avantage de la nouvelle traduction du Notre Père, c’est qu’elle exclut le pain rassis »

Et pour finir, une étude un peu plus générale, mais qui, de par sa nature, donne une large part au diable: les Archives des anges d’Alix de Saint-André, une étude simple d’accès, mais pas mal documentée, sur les traditions angéliques (et donc démoniaques, puisque le diable est avant tout, ne l’oublions pas, un ange déchu) dans les traditions juive, chrétienne et musulmane.

Ah oui, si vous vous sentez une âme de mécène, le bouquin Angelus et Diabolus de chez Citadelles et Mazenod me fait terriblement de l’oeil (parce que le thème, parce que Citadelle et Mazenod)…

Et pour finir en musique (ne perdons pas les bonnes habitudes):

PS: Je ne parle pas d’INS/MV, certainement au grand dam de mes lecteurs rôlistes, mais d’abord, c’est pas vraiment des livres, et ensuite, non seulement le background des vieilles éditions est salement foutraque et franchement léger sur certains points, mais en plus ce que j’ai lu sur l’orientation de la dernière ne m’a pas trop plu – et ne m’a donc pas du tout donné envie de mettre le nez dedans. Mais pour les gens qui ont un peu de culture angéologique et une bonne dose d’humour, ça peut être un jeu de rôle marrant pour une ou deux parties…

Notes:

  1. on notera à cette occasion que le Dieu de Daudet est un dieu fort colérique et très comptable