Minority Report

La polémique à la con de ces derniers jours, c’est la couleur de la peau d’Hermione Granger

Pour les deux du fond qui n’ont pas suivi la base du truc, il s’agit du casting d’une pièce de théâtre dans l’univers d’Harry Potter où le rôle d’Hermione est incarné par une actrice noire et qui aurait fait des gorges chaudes entre défenseurs d’une Hermione au teint de lait et ceux d’une Granger à la peau d’ébène.

Au delà de la pertinence du choix de casting (en matière de théâtre, on n’est jamais à une incohérence près, et si elle est voulue, ça peut en être encore plus intéressant), ou de la mauvaise foi de l’auteur elle-même qui dit « n’avoir jamais précisé qu’Hermione était blanche » en omettant qu’elle a décrit ses parents (blancs) et que son champ lexical quand elle décrit ses émotions est celui utilisé pour décrire une personne blanche, comme par exemple 1:

To Harry’s surprise, Hermione turned a very deep shade of pink at these words.

posons-nous plutôt la question des implications littéraires qu’aurait eu la couleur de peau d’Hermione.

La saga des Harry Potter se tient dans un univers, certes fantastique, mais largement parallèle avec la société anglo-saxonne moderne. Or, la majorité de la population des îles britanniques a la peau blanche 2. Si Hermione avait été d’une autre complexion, la logique aurait voulu qu’en la découvrant, ce soit sa couleur de peau peu commune qui ait marqué Harry plutôt que ses cheveux ou ses dents.

Par ailleurs, la saga s’appuyant de façon parfois lourde sur les clichés, on peut se demander si JK Rowling n’aurait pas choisi un nom moins « britannique classique » pour son personnage (on pensera à Cho Chang l’asiatique, ou aux deux soeurs indiennes Padma et Parvatil Patil).

Pour moi, et n’en déplaise à cette chère Ms Rowling, l’Hermione Granger du canon potterien est donc blanche.

Même si l’idée de faire jouer une minorité invisible (les sang-de-bourbe) par une minorité visible est une intention artistique intéressante…

Notes:

  1. Merci les geeks de Reddit pour les références
  2. ou rose pâle comme aimait à l’écrire tel acteur anglais dont j’ai bouffé le nom sur ses formulaires d’immigration aux Etats-Unis