Les parisiens ne savent pas marcher

En ce début d’année, la mode semble être au french-bashing 1 chez nos voisins anglo-saxons. Entre les frasques de notre bien-aimé président normal(tm) et les articles pompeux expliquant que c’est le drame, on paie son demi-litre de lait 4€ à Paris 2, on ne sait plus où donner de la tête, et les déclarations de la néo-parisienne Scarlett Johansson à la télévision américaine sont peut-être passées inaperçues chez vous…

Comme vous pouvez vous en rendre compte 3, ça taille sec sur le parisien (en particulier sur son incorrection, réputation pas nécessairement usurpée, mais sûrement exagérée), mais il est un point sur lequelle l’actrice insiste, et sur lequel je suis entièrement d’accord avec elle: les parisiens ne savent pas marcher dans la rue.

Il est un mythe savamment entretenu qui voudrait que les parisiens marchent vite dans la rue (et dans les couloirs du métro). Moi même, jusqu’à mon arrivée dans la capitale au début des années 2000, j’y croyais. Et puis il y eut la confrontation avec la réalité.

Il faut dire que je viens d’un pays où la marche à pied est assez vitale. Quand le réseau de bus propose un à deux bus par heure (ou, aux arrêts de plusieurs lignes, trois ou quatre bus dans un intervalle de 5 minutes puis une demi-heure d’attente), quand il est assez illusoire de rejoindre certains endroits en vélo sans immanquablement ressembler à une éponge à l’arrivée (la joie des étapes de montagne) et quand il est impensable de prendre sa voiture (quand on a le permis) sous peine de passer un temps infini à chercher une place, votre paire de jambes devient très vite votre meilleure alliée. Quand vous arrivez à Paris, vous avez donc une certaine habitude de la marche, et quand en plus on vous retire les pentes à 20%, votre rythme en profite…. et vous en arrivez aux conclusions suivantes:

  • Non, les parisiens ne marchent pas vite (et je ne parle pas des touristes égarés), mais ils font semblant
  • Les parisiens sont sans gêne (bon, c’est peut-être un trait plus largement français, mais quand on est dans un escalator, on serre à droite pour laisser passer les gens qui veulent monter les marches 4) (et je ne parle pas de ceux qui forcent le passage pour monter dans la rame de métro, comme si leur vie en dépendait)
  • Les parisiens n’ont aucune maitrise de leur trajectoire. Sans aller jusqu’à donner dans le ballet lyrique que Ms Johansson prête aux new-yorkais, je pense qu’il y aurait de la place pour que la FFR organise un atelier « cadrage-débordement » auprès des usagers à l’occasion du prochain match de l’équipe de France de Rugby

C’était mon moment d’antiparisianisme de la semaine, vous pouvez désormais reprendre une activité normale (ou m’agonir d’injures dans les commentaires si ça vous amuse…)

Notes:

  1. terme difficilement traduisible de façon concise, mais qui veut dire « cassage du sucre sur le dos des français » dans la langue de Catherine Windsor
  2. ndla: j’aimerais vraiment savoir où on peut acheter du lait à ce prix-là, parce que même chez le plus cher des épiciers ouverts jusqu’à 22h, je n’ai jamais vu de demi-litre de lait…
  3. si vous comprenez l’anglais. Dans le cas contraire, vous devez me faire confiance…
  4. valable aussi pour les tapis roulants