Et alors, tu écris encore?

Je vous avoue que je n’avais pas vu la question venir. A cette réunion d’anciens élèves, j’avais prévu les classiques questions sur le boulot, la famille, le pays, tout ça, mais pas vraiment à celle-ci:

Et alors, tu écris encore?

Je me suis donc retrouvé un peu interdit, réalisant qu’une partie de l’image qu’on avait pu garder de moi depuis ces dix ans était quelque chose que je n’aurais jamais envisagé de revendiquer (la faute à la fréquentation plus ou moins assidue de gens qui écrivent au kilomètre, de vrais auteurs publiés, voire même d’auteurs « à succès » pendant la dernière décennie, et aussi à un assez fort syndrome de l’imposteur 1), et je me suis donc retrouvé à faire très rapidement un rembobinage des 15 dernières années pour trouver une réponse.

Est-ce que j’écris encore? Je pense que la question n’est pas là. Entre les 10 ans de chroniques de ZoC, mon poste de pigiste intermittent sur la rédac de JoL, les tartines que j’ai pu noircir sur les forums, jusqu’à ce blog , je n’ai jamais vraiment arrêté de noircir du papier virtuel, loin de là. Et cela en ne tenant pas compte de mon activité sur les rézosociaux…

Mais est-ce que c’est « écrire » pour moi? En fait non.

Pendant mes années étudiantes, je pondais (avec plus ou moins de facilité, et surtout plutôt moins que plus d’originalité dans le concept) une très courte nouvelle par édition du canard des étudiants. J’avais également gribouillé quelques poèmes à la rime plutôt lourde et aux thèmes peu subtils, par goût de la contrainte littéraire plus que par réelle conviction dans la puissance de l’évocation poétique 2. J’avais aussi un bout de roman que j’avais commencé et que je continuais à l’occasion. Et pour moi, c’était ça, écrire (même si je hantais déjà des forums et que j’ai dû pendant plus d’un an me coller à l’édito du susévoqué canard des élèves).

Et depuis dix ans? Le désert ou presque. Si l’on met de côté les éléments de background que j’ai pu écrire pour divers univers, et qui sont plus de l’ordre (au mieux) de la chronique ou (au pire) de la parodie grossière, voire du jeu de mots désolant 3, je n’ai rien mené à bout jusqu’ici. Cela m’énerve d’autant plus que j’ai des textes sur le feu depuis des années, qui existent dans ma tête, que j’ai commencé mais dont je n’arrive pas à finir accoucher (et je ne parle pas de ces deux ébauches de récits commencés depuis plus de dix ans et dont j’écris des fragments une fois de temps en temps).

Et puis ce qui m’a marqué dans cette question, c’est qu’elle fait écho à une envie que j’ai à nouveau depuis quelques mois de me remettre à produire. Je me suis remis au montage vidéo pour ZoC 4, j’ai eu la chance d’être accepté dans la #TeamEcriture le mois dernier 5, j’ai même essayé de ressortir mes pots de peinture pour figurines (lesquels, en quelque chose comme 6 ou 7 ans d’inutilisation, ont eu le temps de tous sécher…). Et puis ça serait bien que je finisse les textes que j’ai commencé, non (au moins les nouvelles – pour mes projets de récits longs, ça va être compliqué, vu ma légendaire incapacité à étendre mon propos)…

Bref, il est temps de se retrousser les manches…

Notes:

  1. je me demande encore comment mon nom a réussi à arriver sur l’ISBN 978-2353251940…
  2. qui n’a aucun effet sur moi
  3. le meilleur exemple reste quand même cette fiche de divinité écrite avec mes deux co-triumpersonae de ZoC à la seule fin de caser un calembour douteux…
  4. Oui, pour nos dix ans, on est passé à l’audiovisuel – ce qui était le projet initial
  5. premier texte lisible ici, deuxième à venir d’ici le 15