Pour les gens qui ne s’en doutaient pas, mon absence quasi-totale en ces lieux depuis le début du mois était causée par une période de vacances (en famille, au bord de la mer et, parce qu’il parait que c’était rare, principalement au soleil) sans Internet. Parce qu’en plus de ne pas avoir de WiFi dans la maison où nous étions (ce qui est somme toute assez compréhensible quand il s’agit d’une maison qui sert de location d’été), il n’y avait pas de 3G (même ce réseau de mauvaise qualité dont je me sers extensivement pendant mes trajets en train pour tromper l’ennui en pourrissant Twitter) ou presque (un vague coin du jardin, et encore, quand il ne pleuvait pas et qu’il n’y avait pas de tracteur à 500m alentours). Le tout sur la côte atlantique, et en vue du port de Saint-Nazaire.

Et vous savez quoi? Ben c’était vachement bien

Bon, bien évidemment, une grande partie du « vachement bien » tient au fait qu’on était en vacances, au bord de la mer, en famille (élargie, avec frères et soeurs, neveux et nièces), mais j’ai également trouvé très agréable le changement de rythme de vie imposé par cette déconnexion, et de remarquer la façon assez insidieuse qu’Internet sous la main a de s’infiltrer dans chaque moment libre.
Avec Internet, on n’a plus de moment de pure glande, où l’on ne fait strictement rien: il y a toujours la tentation de regarder ses mails, suivre Twitter, aller voir un truc à droite ou à gauche.

Autre corollaire, j’ai retrouvé le temps de lire. Et là, je dois avouer que je bénis ma liseuse, qui, outre le fait que j’aie pu transporter ma pile-à-lire et ainsi ne pas me retrouver en rade (comme par exemple ma femme, qui avait fini les siens) malgré une consommation importante (6 bouquins en deux semaines, dont une relecture de Dune et le pavé qu’est le Château de Lord Valentin), m’a également permis d’avoir le luxe de choisir mes lectures. J’ai ainsi pu sans remords « poser » le Bram Stocker passablement ennuyeux que j’avais entamé là où, si j’avais dû transporter le livre, je me serais maudit de l’avoir choisi, soit à la place d’un autre, soit pour le poids mort qu’il aurait constitué.

Et puis j’ai un peu écrit. Ca ne vous semble peut-être rien (et franchement, je n’ai pas non plus écrit des kilomètres, tout juste 3 ou 4 pages d’un truc que je n’ai d’ailleurs pas terminé), mais ce sont les premières lignes que je tape de 2014 ni ne sont ni en lien avec le boulot, ni pour une publication Internet (qu’il s’agisse d’un mail, d’un billet de blog, d’une réponse sur un forum ou d’un article). Là aussi, il est évident que le sevrage d’Internet a eu un effet (pas sur l’idée en elle-même, que j’ai en tête depuis un temps certain et que je ressasse régulièrement, mais sur sa transcription sur « papier »).

Et maintenant? Je me tâte. Vais-je me réserver une soirée « off », sans Internet, pour essayer d’avancer dans mes projets d’écriture? Ou vais-je simplement me caler des moments de « création » qui, pour partie, nécessitent quand même pas mal de recherche sur le Net. Après tout, les pochettes d’album du Label Hellabeth ou les conneries faites pour les émissions de ZoC, c’est au moins aussi productif que d’écrire un texte que personne ne lira…