Les idées à la con du foot

Avec la Coupe du Monde de football, on voit ressortir des serpents de mer au sujet de la Glorieuse Incertitude du Sport(tm), de l’Arbitre Qui Est Aveugle(c) et des avantages de la technologie pour remédier au Facteur Humain(r) inhérent au fait que l’arbitre ne soit pas une entité immanente mais une réalité incarnée.

Et, de facto, on nous ressort avec une régularité bisannuelle (en gros, à chaque Coupe de quelque chose impliquant des équipes nationales, voire en fait un peu plus fréquemment quand un fait particulièrement litigieux se produit, but refusé, ou accordé alors qu’il y avait main, agression sur un joueur voire hors-jeu limite – c’est à dire à peu près 12 fois par match) le gros mantra « mettez-nous l’arbitrage vidéo, comme au rugby »

Sauf qu’au rugby, permettez-moi de le dire simplement, l’arbitrage vidéo, c’est de la merde.

D’abord, parce que c’est au moins aussi partial que l’arbitrage direct pour plusieurs raisons:
– c’est à la demande de l’arbitre uniquement
– ce n’est pas un traitement automatisé, mais un autre arbitre (donc avec la même question de l’interprétation humaine des images)
– et surtout, les images sont fournies par le diffuseur. Et l’on peut sans problème imaginer que s’il y a un arbitrage « maison », il n’y a pas moins de diffusion « maison ». Et on a vu des essais refusés parce qu’il n’y avait (de façon surprenante) pas le bon plan disponible, alors imaginez pour un but (bicoze parallaxe, tout ça).

Ensuite, parce que ça ralentit terriblement le jeu. Dans un sport où la durée théorique d’une mi-temps est de 40 minutes, il n’est pas rare que le recours à la vidéo (en plus des autres interruptions) rallonge le temps d’une mi-temps de 25% (et l’on a vu des mi-temps durée finalement plus d’une heure, au grand dam du diffuseur…).

Enfin parce que la vidéo, ça veut dire le ralenti, et que les ralentis sont toujours vachement plus impressionnants que ce qui se passe en vrai (il n’y a qu’à revoir certains des ralentis du match d’hier soir entre les Joyeux Cisailleurs De Tibias d’Amérique Centrale et les OnNezChampions 1 pour s’en convaincre). Et qu’après un ralenti, on serait vachement plus portés à croire les simagrées de tel joueur se tordant de douleur après la brutalité des chocs 2

Bref, autant j’ai pu être convaincu par certaines innovations de cette coupe du monde en matière d’arbitrage (je suis par exemple un grand fan de l’utilisation de la mousse à raser pour indiquer la distance de sécurité pour les coups francs, et, n’en déplaise aux commentateurs, j’ai parfaitement compris le replay de la GLT 3 d’hier soir du premier coup 4 – il y aurait juste un peu de réhabillage graphique à faire pour que ce soit compréhensible par un enfant de 2 ans), autant je pense que venir foutre de la vidéo est le meilleur moyen de finir de rendre ce sport totalement soporifique.

Quitte à prendre des idées dans d’autres sports, importez plutôt les dix minutes d’expulsion pour un carton jaune. Ou les 10m en cas de contestation d’une décision arbitrale.

Et comme tout finit en chanson (fut-elle une pub australienne)

(drink responsibly, tout ça…)

Notes:

  1. Toi non plus tu n’as pas oublié ce monument de la chanson française
  2. pun intended. Je ne suis pas rugbyman pour rien…
  3. démo technique visible ici
  4. à revoir ici – mais je vous conseille de supprimer le son