Dans la grande liste des choses qui m’énervent passablement dans le monde de l’entreprise, il y a cette tendance à jouer sur les sentiments, sur le côté « on est tous des copains », voire « on est tous une grande famille ».

Et quand je lisque ça n’est pas près de s’arranger, je me demande bien ce que je fous dans le monde du travail.

Si dans la communication externe (qui est, au moins pour partie, un jeu de séduction entre les partenaires), l’usage d’une certaine dose d’émotion me semble faire partie du jeu, utiliser des rapports de l’ordre de l’émotion au lieu du rationnel dans la communication interne et les relations d’entreprise présente à mes yeux plusieurs écueils dangereux:
– le premier est que l’on semble considérer que l’on est des copains, voire pire, des amoureux ( l’employé et sa boîte). Or, je sais pas pour vous, mais ça n’est pas du tout comme ça que je conçois ma relation avec une entreprise, mais plutôt comme un échange force de travail vs. travail et salaire, dans une relation qui doit être profitable aux deux.
– deuxièmement, je trouve cette suggestion malsaine, parce que l’amour, c’est bien joli, mais qu’est-ce qui se passe quand il disparaît? On se recroqueville dans un coin à pleurer telle une Bridger Jones devant sa boîte de chocolats? On fait une belle dépression? (Ah ben oui, alors. Et après on s’étonne des problèmes psychologiques liens au travail…)
– troisièmement, c’est galvauder les concepts d’amitié et d’amour. Je n’aurais aucun scrupule à plaquer ma boîte si je trouve un meilleur « rapport qualité-prix » ailleurs. Ça n’est par contre pas ma vision de l’amitié ni de l’amour…

Cessons de jouer du sentimentalisme, pensons avec notre tête, et non pas avec nos [aréoport de Nice], et il y a des chances que le monde s’en porte un peu moins mal…

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